Anne Walker

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La couleur mate attire le regard vers l’épaisseur, l’appelle à pénétrer dans la matière ; la couleur lumineuse fait l’inverse : elle retrousse le regard, le fait refluer vers les yeux. De loin, des masses flottent sur des parties transparentes, qui paraissent moins de la couleur que de la lumière. Aussi longtemps que l’attention demeure tendue, la peinture emplit toute la vue, et il se passe alors quelque chose d’unique parce que l’œuvre d’Anne Walker est regardée comme un paysage sans être le moins du monde confondue avec un paysage. Ce n’est plus une image, c’est un espace où des éléments dégagent une énergie que le regard fait sienne. Tout se joue désormais, non plus par rapport à une représentation, qui aurait encore pour attrait et pour seuil la ressemblance, mais par rapport à une répartition des matières colorées dont les effets visuels concentrent l’émotion.

Bernard Noël

 

Lundi 23 Octobre 2017
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